C’est une première dans l’histoire du football, et quelle première !

En Turquie, le public du stade Şükrü Saracoğlu d’Istanbul est ce mardi de septembre 2011 uniquement composé de femmes et d’enfants. Au total, ce sont des dizaines de milliers d’entre eux qui ont supporté leur équipe de cœur ce jour-là, Fenerbahce, lors d’un match de championnat les opposant à Manisaspor (score final, 1-1).

Des images à la fois hors du commun et fortes, qui soulignent la passion qui existe dans ce club en particulier, et dans le football en général.

Un huis clos comme sanction…

La raison de cet événement sans précédent est simple, ce club de d’Istanbul est, en septembre 2011, condamné à de lourdes sanctions par la Fédération Turque de Football à la suite de divers incidents récents, dont un envahissement de terrain lors d’un match amical contre les ukrainiens de Donetsk. Mais au lieu d’un huis clos classique, les autorités locales interdirent purement et simplement l’entrée du stade aux hommes de plus de douze ans.

Pour éviter que leur enceinte sonne creux lors de la prochaine rencontre, les têtes pensantes du club stambouliote eurent l’idée d’offrir l’ensemble des places pour ce match aux femmes et enfants qui le souhaitaient.

Et l’idée a eu un succès retentissant. Yasemin Mercil, membre du comité directeur du club parle même d’un « jour historique ». Il faut dire que ce pari avait peu de chances de ne pas aboutir. En Turquie, le football se vit comme une religion et le club que l’on supporte est sacré. Il n’est pas rare de voir dans ce championnat des ambiances incroyables, où chants et tifos géants se côtoient chaque weekend.

La ville d’Istanbul semble cristalliser cette passion de par le nombre de clubs qui la composent, mais également par la passion, parfois débordante, des supporters.

Une ambiance de feu

Cette ambiance, les joueurs la ressentent et comme l’expliquait le capitaine d’alors, le brésilien Alex de Souza, le public particulier de cette rencontre a su répondre présent : « Ce souvenir restera toujours, ce n’est pas souvent que l’on peut voir cela » expliquait-il alors. Le milieu de terrain Omer Aysan évoque quant à lui une atmosphère « drôle et plaisante ».

Sur ces images qui ont fait le tour du monde, l’ambiance est en effet exceptionnelle. Les femmes présentes reprennent avec brio le rôle habituellement réservé à leurs homologues masculins, celui de chanter et de faire du stade un incroyable chaudron en ébullition. En plus des chants, ces dernières reprennent les gestuelles des groupes de supporters (écharpe tendue au-dessus de la tête, sauts…). Ce jour-là, l’ambiance n’avait vraiment rien à envier aux plus beaux stades européens…

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La joie est immense, la liesse est totale. Partout dans les tribunes semble courir un sentiment d’insouciance qui manque parfois dans le football moderne. C’est avant tout une fête, comme rarement on le voit, avec des spectatrices heureuses et qui le montrent.

Ici, il n’est pas question d’arrière-pensée belliqueuse ni de violence, il est simplement question du football dans son plus simple appareil, le plaisir et le bonheur.

Fenerbahce-Fans

Tout cela devrait donner des idées à de nombreux clubs européens qui souhaitent de plus en plus ouvrir leurs stades aux femmes. Le but est plus particulièrement de faire cohabiter les deux sexes durant les matchs. C’est ce mouvement qu’a déclenché le PSG en permettant aux femmes de venir gratuitement au Parc des Princes à condition d’acheter une place en virage. Des tribunes assainies, où tout le monde a le droit de s’asseoir afin de profiter du spectacle dans les meilleures conditions.