Dans le monde du football, il existe certaines équipes qui suscitent bien plus d’engouement que d’autres, des clubs aux identités fortes, qui dans l’imaginaire collectif ont une place prépondérante dans la grande histoire de ce sport. Que ce soit pour des exploits sportifs ou bien grâce à une riche histoire, ceux-ci ont su marquer une époque.

A bien des égards, le Real Oviedo fait partie de ces institutions qui, en particulier de l’autre côté des Pyrénées, possèdent un capital sympathie exceptionnel. Crée en 1926, le club fait partie du paysage du football hispanique depuis près d’un siècle maintenant.
Et s’il ne possède peu, voire pas, de palmarès, l’important ne se trouve pas uniquement au plan sportif. En fait, le Real Oviedo est une fierté pour toute une région, les Asturies, ancien bastion minier du pays. A l’image du RC Lens en France, Oviedo est un club du peuple, un vrai, qui est apprécié pour ce qu’il représente, bien au-delà du football.

Le fort soutien du monde du football
Alors bien sûr, lorsqu’une telle institution est en péril, c’est tout le pays qui se mobilise. A l’orée des années 2010, les Carbayones ont souffert de graves problèmes économiques, responsables de plusieurs rétrogradations administratives. Une situation grave, à tel point que le club devait absolument payer deux millions d’euros avant la date butoir du 19 novembre 2012, sous peine de disparaître purement et simplement. Comme l’affirmaient alors deux supporter au quotidien El Pais, « Si Oviedo meurt, c’est le football qui meurt. Oviedo, c’est comme un ami. Il faut être là pour l’aider quand il en a besoin. »

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Un vrai défi, qui sera finalement relevé grâce à l’appel des supportes et au soutien de différents joueurs formés au club, tels que Juan Mata et Santi Cazorla, qui ont longtemps appelé aux dons ont donné une grande partie de la somme. Mieux encore, le Real Madrid lui-même a tenu à aider Oviedo à hauteur de 100 000 euros. Bien entendu, les socios ont également mis la main à la poche pour sauver leur équipe de cœur.
Cette solidarité dans le football est impressionnante et témoigne d’un certain état d’esprit au sein de ce sport, une certaine entraide et une gratitude pas toujours mise en valeur mais pourtant bien présente.

Un canular téléphonique salvateur…
Comme souvent dans les belles histoires de ce genre, le destin joue un rôle important. Malgré le paiement de la somme, l’avenir était encore incertain pour Oviedo, qui risque de retomber dans ses travers économiques. C’est alors que des journalistes de la radio Cadena Cope décidèrent d’appeler un proche de Carlos Slim, l’une des plus grandes fortunes du monde, afin que ce dernier aide financièrement le club. Si la blague a beaucoup fait rire en Espagne, elle a surtout éveillé l’intérêt du milliardaire qui contre toute attente accéda finalement à la requête des journalistes.

Oui, c’est bel et bien une blague téléphonique qui va assurer pour les prochaines années l’avenir du Real Oviedo. Une histoire unique, qui souligne également l’importance de la prise d’initiative, même si celles-ci semblent improbables. A ce jour, le magnat mexicain est propriétaire du club, qui retrouve une seconde jeunesse financière et sportive en seconde division espagnole grâce à ses nouveaux propriétaires.

Une victoire bien mérités pour tous les supporters Azules qui, malgré les difficultés, n’ont jamais déserté le stade Nuevo Carlos Tartiere. Alors que l’équipe gambergeait en troisième division, près de 20 000 supporters se sont donnés rendez-vous pour supporter leur équipe face à la réserve du Real Madrid. Un chiffre impressionnant qui reflète le soutien populaire…

Cette histoire en dit long sur une facette souvent invisible du football, la solidarité qui malgré tout existe dans ce sport. Les joueurs aujourd’hui devenus professionnels n’oublient pas leur formation, et l’incroyable public qui a sans cesse soutenu leur équipe, pour le pire et le meilleur, a réussi le pari de sauver leur équipe.