Le football est le sport universel par excellence, où toutes les classes sociales peuvent le temps d’un match oublier leurs différences, sur le terrain ou dans les tribunes.
Et lorsque Mel Young et Harald Schmied, deux passionnés œuvrant contre la pauvreté dans le monde ont décidé en 2001 de créer une compétition mondiale réservée aux plus démunis, l’objectif était bien d’offrir aux désœuvrés du monde entier un moment de pur bonheur et une possibilité de réinsertion par le sport.

La réinsertion par le sport

Depuis, l’idée a fait long feu puisqu’en 2015, c’est bel et bien la treizième édition de cette coupe du monde si particulière qui se disputait à Amsterdam (remportée pour la première fois par le Mexique). Elle est désormais soutenue officiellement par l’UEFA.
Qui sont les joueurs présents ? Les règles sont très strictes, pour être sélectionné, il s’agit d’être âgé d’au moins seize ans et de ne pas avoir participé à une autre édition de cette compétition.

D’autres critères existent également au moment de la sélection : tirer d’éventuels revenus liés à plusieurs activités de rue (métiers qui se déroule en extérieur : vente de journaux, voirie…) être demandeur d’asile ou l’avoir été durant l’année précédant le premier match entre autres.
Les sélections sont également réalisées grâce à différentes associations qui prônent la réinsertion grâce au sport, ces dernières sont en contact permanent avec le sélectionneur de l’équipe qui disputera la compétition, qui à son tour va superviser certains entraînements pour dénicher les meilleurs joueurs.

Et il faut dire que les équipes participantes prennent ce rendez-vous extrêmement au sérieux. En pleine préparation de la compétition en été 2015, le journal 20 minutes avait pu interviewer Patrick Mbongué, le sélectionneur tricolore en charge de l’équipe qui devait représenter la France lors de la dernière édition.
Comme il l’expliquait alors, avant de s’envoler pour les Pays-Bas (pays hôte), les joueurs ont participé à trois stages intensifs de plusieurs jours afin d’affiner leur condition physique et de mettre en place différentes tactiques censées les mener à la victoire.

Côté tactique, le jeu au sol est préférable car le terrain est plus petit (seulement quatre joueurs par équipes). Selon lui, la meilleure chose est d’attaquer à trois joueurs et de défendre à deux, afin de permettre une contre-attaque rapide.
Ici, il n’est toutefois pas simplement question de remporter un match ou un trophée, bien qu’une coupe soit remise à l’équipe lauréate. Comme l’indique un sondage réalisé auprès des joueurs de la dernière édition, près de 94 % d’entre eux estiment que cette compétition a eu un impact fort sur leur vie. Mieux encore, ils sont 83 % à expliquer que cela leur a permis d’améliorer leurs contacts avec des amis ou de la famille. A la fin de la compétition, les joueurs se voient remettre une attestation officielle expliquant leur capacité à s’insérer dans un projet à long terme. Un vrai espoir donc…

Brazil lift the cup.

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Et les belles histoires liées à ce mondial existent bien. Même si il n’était « que » présélectionné pour une des éditions de cette épreuve, le portugais Bebé a malgré tout su profiter de cet élan pour aller au bout de son rêve, celui de devenir footballeur.

Après des débuts prometteurs au Portugal, Bebé est repéré par Alex Ferguson, alors coach de Manchester United. Et comme l’histoire est belle jusqu’au bout, le joueur va signer un contrat de plusieurs années avec l’un des plus réputés clubs européens.
Bebé évolue maintenant en Espagne, au Rayo Vallecano, où ses performances sont régulièrement saluées.
Mais plus que l’aspect sportif, c’est bien la symbolique qui est ici importante. Grâce à cette compétition, n’importe qui peut rêver d’un tel destin, et c’est bien là l’importance de l’existence de tels événements.

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Une compétition qui se développe

Aujourd’hui, ce sont 48 pays qui participent à la coupe du monde des clubs, soit près de de 400 joueurs qui rêvent d’un avenir meilleur, de changer de vie, de s’évader du quotidien le temps d’une compétition.
Le football est ici synonyme d’espoir, d’espérance. La réinsertion par le sport fonctionne et bien que les joueurs n’auront pas tous un destin similaire à celui de Bebé, le ballon rond et ce mondial donnent des bases solides pour le futur.
Planétaire et populaire, le football est bien plus qu’un simple sport. Là encore, la preuve est flagrante…