Il y a toujours des surprises…

Dans toutes les compétitions internationales, il existe un petit-poucet, un pays que l’on n’attendait pas à un tel niveau d’une Coupe du Monde par exemple. Depuis 2000, les exemples sont légion et le plus célèbre reste celui de la Corée du Sud qui, à domicile, avait réussi à atteindre les demi-finales du Mondial ! Une performance sans précédents qui a eu pour mérite de lancer le football asiatique dans le grand bain. Ces exploits plaisent au public, qui parfois, prend un malin plaisir à voir ces petites formations battre à la surprise générale un grand favori pour la victoire finale.

L’Inde aurait pu être l’une de ces surprises. Nous sommes en 1950 et la Coupe du Monde est de retour après un arrêt de douze années lié à la Seconde Guerre Mondiale. C’est le Brésil, autre berceau du football qui est chargé d’organiser l’événement. Initialement, les instances du football souhaitaient inviter des pays de chaque continents, d’où la présence de l’Inde, pays qui avait obtenu de bons résultats les années précédentes (son premier match officiel eut lieu en 1948, défaite seulement 2 à 1 contre la France). Et pourtant, malgré leur invitation pour la prestigieuse compétition, la sélection indienne va être contrainte de déclarer forfait peur avant le début des hostilités.

Un problème culturel

La raison ? Les joueurs de l’équipe nationale indienne souhaitaient disputer les matchs…pieds nus. Un souhait qui selon les autorités compétentes n’était pas en adéquation avec les règles de la compétition. En effet, comme le stipule le règlement, les chaussures sont obligatoires pour disputer une Coupe du Monde. Retour à la case départ pour l’Inde donc, qui se voit obligée de rentrer à New Delhi dans l’indifférence générale (le football n’était à l’époque pas autant développé dans ce pays que maintenant). Malgré tout, ce forfait a quelque chose de beau, de respectable. Refuser de participer à une Coupe du Monde pour rester fidèle à ses convictions, à sa culture, a quelque chose de magnifique, quoi qu’en soient les sacrifices.

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Et pourtant, les raisons de ce forfait ont souvent été remises en question par des journalistes, en particulier britanniques, qui ne croient pas à cette version des faits. Selon eux, la fédération indienne, qui ne s’était pas rendu compte de la portée d’un tel événement, n’avait tout simplement pas voulu payer le déplacement de ses joueurs du côté de Rio de Janeiro. Bien mal leur en aurait pris car cette Coupe du Monde, de par son côté sportif mais aussi symbolique, a été l’une des fondations du football moderne. Malgré toutes ces allégations, officiellement, l’Inde n’a pas participé à ce Mondial à cause d’une histoire de chaussures.

Une autre théorie?

Et en effet, participer à cette Coupe du Monde aurait ouvert en grand les portes du football international à ce pays où le cricket est la discipline favorite du public. Pour rappel, c’est lors du Mondial 1950 que s’est déroulé le fameux « Maracanazo », cette finale Brésil-Uruguay perdue par les locaux et ressentie comme une vraie honte nationale pour tous les brésiliens de l’époque. Aujourd’hui encore, ce terme est utilisé de l’autre-côté de l’Atlantique pour désigner un échec sportif, une catastrophe

Aujourd’hui, le football indien est en pleine expansion. Son championnat, dans lequel de grandes entreprises nationales ont investi des millions d’euros, n’en finit plus d’attirer des stars, le plus souvent en fin de carrière (Robert Pires fut l’un des pionniers). Si le championnat indien est encore bien loin du prestige qui incombe aux compétitions européennes ou sud-américaines, nul doute que le football de ce pays en plein développement fera parler de lui dans les années à venir. Et c’est tant mieux !