L’Histoire du football est bien sûr écrite par des matchs de légende et par certains buts d’anthologie. Mais elle perdure également grâce à quelques supporters connus de tous, qui marquent plusieurs générations de sportifs et de passionnés.

C’est le cas de Manolo el del bombo, né Manuel Cáceres Artesero, il est le plus fervent supporter de la sélection espagnole. Reconnaissable de tous grâce à son béret basque qu’il porte en permanence ainsi qu’à son gros tambour (d’où son surnom, el bombo désignant l’instrument en espagnol)) dont il joue régulièrement dans tous les stades où la Roja joue, Manolo est une vraie institution de l’autre côté des Pyrénées.

S’il affirme dans une interview au Guardian que le premier match de l’Espagne auquel il a assisté « était à Chypre en 1979 », c’est lors de la Coupe du Monde 1982, disputée sur ses terres, que commence réellement l’histoire de Manolo.

Une histoire atypique

Cette année-là, le passionné s’est lancé le pari fou de ne manquer aucun match de son équipe fétiche. Seul problème, « je n’avais pas d’argent, mais je n’ai pas abandonné pour autant ». Et pour cause, Manolo a tenu sa promesse grâce à plusieurs trajets en auto-stop qui l’ont conduit aux quatre coins de la péninsule ibérique. Au total, près de 16 000 kms, de quoi se forger une solide légende, « avant, les gens m’ignoraient, aujourd’hui tout le monde me reconnaît ».

Dès lors, la passion de Manolo ne s’est jamais tarie. En près de quarante ans, jamais il n’a manqué un seul match de la Roja. Aux quatre coins de la planète, le natif de Ciudad Real a fait raisonner son tambour et a encouragé corps et âme son équipe de toujours. Seule anicroche à ce beau parcours, la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud où il tombe malade. Rapatrié en urgence en Espagne, il revient malgré tout quelques jours plus tard, juste à temps pour finalement assister à la finale contre les Pays-Bas et voir l’Espagne devenir championne du Monde (victoire 1-0). Une consécration pour lui, «encourager mon équipe à ce moment-là, c’était magnifique, maintenant, je peux mourir tranquille ».

Mais si la légende de Manolo est si forte, ce n’est pas uniquement grâce à son support sans faille. Retour en 1982, après la coupe du monde espagnole, celui qui n’est encore qu’un jeune homme est pris en autostop par une ambulance, direction Valence. Là-bas, le destin fait qu’il achète un petit local en face du stade Mestalla qu’il transforme en bar et en…musée dédié au football. Véritable institution pour les supporters espagnols, c’est une étape obligatoire pour tout amateur de ce sport, dans lequel on peut admirer d’anciens maillots et plusieurs photos de collection.

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Une institution à part entière

Aujourd’hui, Manolo fait partie du quotidien de la Roja, à tel point que la fédération espagnole lui accorde toujours une place dans l’avion officiel afin de limiter les coûts liés aux déplacements. Il partage également le même hôtel que les joueurs lorsque ceux-ci sont en déplacement.
Car cette passion a un prix, celui de ne pas pouvoir tout le temps ouvrir son bar et donc de gagner un peu moins bien sa vie. Mais qu’importe, pour Manolo, qui refuse de confier son établissement à quiconque, « si c’était à faire, je le referai sans réfléchir, il n’y a rien de plus fort que de représenter son pays ».

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A photo posted by Manolo el del Bombo (@bombodemanolo) on

Manolo est l’exemple même de ce qui rend le football si exceptionnel. Ce sport est capable d’offrir cette démesure, cet amour infini de la part des supporters. Afin de soutenir son équipe aux quatre coins de la planète et ainsi assouvir sa passion, Manolo n’a vécu que pour le football. Un exemple de dévotion impressionnant qui fait la beauté et l’essence même du ballon rond.
Et à ceux qui ne comprennent pas son mode de vie, il répond simplement : « C’est là où je dois être ».