Le football global

« L’amour ne connaît pas de frontières », cette affirmation que l’on entend le plus souvent dans les comédies romantiques est également valable pour le sport en général et le football en particulier. En effet, il n’est pas rare d’entendre d’incroyables histoires de supporters qui usent de tous les moyens en leur pouvoir pour aller voir leur équipe dans n’importe quel stade de leur pays où au niveau international. De manière globale, cette phrase retranscrit bien la passion des fans qui se déplacent le plus possible pour soutenir leur équipe de cœur.

Puis il y a Jérémy Le Troadec, supporter inconditionnel de l’En Avant Guingamp qui au cours de l’année 2014 s’est lancé un défi un peu fou, rallier par voiture, train et en auto-stop la ville de Pékin en Chine, ou aura lieu le Trophée des Champions cette année-là. Comme il l’explique au quotidien Sud-Ouest dans une interview, cette idée est partie « sur un coup de tête ». En effet, après la victoire de Guingamp en Coupe de France (contre Rennes, 2-0) il décide de se lancer dans cette incroyable aventure. Aventurier et grand voyageur dans l’âme, il explique que cela peut également lui permettre de découvrir, grâce au football et sa passion, d’autres cultures et de nouveaux horizons.

Un voyage de folie

Comme il l’explique dans une interview à l’hebdomadaire So Foot, l’histoire de Jérémy n’est pas passée inaperçue. L’équipementier de Guingamp, Patrick, a gracieusement équipé l’aventurier pour l’ensemble de son voyage. Les joueurs eux-mêmes ont été touchés par cette initiative. Le capitaine de l’EAG lui a confié son brassard de capitaine, que le jeune homme devait lui remettre une fois arrivé à Pékin. Un geste fort, qui prouve l’attachement des joueurs à leurs supporters, en particulier dans des petits clubs tels que Guingamp. Cette aventure montre aussi le dépassement de soi que la passion pour un sport et une équipe peuvent apporter.

Une fois arrivé en Russie, Jérémy a décidé d’opter pour le Transsibérien, ce célèbre train qui traverse toute la Russie jusqu’à Pékin. « 150 heures en tout, 7 jours, 6 nuits, 9000 kilomètres à parcourir. C’est fou comme truc, fou ! En plus, dans le train, ça reste à l’heure de Moscou. Du coup, il est 3 heures du matin, il fait encore jour, tu comprends rien, t’as de quoi tourner cinglé. » Une histoire incroyable, où les sacrifices sont constats et où la passion a permis à ce jeune supporter de repousser ses limites. Le football est l’un des seuls sports où de telles histoires sont possibles, où la réalité dépasse parfois la fiction.

Une expérience inoubliable

Comme il l’explique, arriver à Pékin a été un soulagement, on peut le comprendre. Après avoir été accueilli par le président de l’association bretonne locale, il a pu enfin profiter des plaisirs de la Chine. Au point de se faire lui-même passer pour un joueur professionnel auprès des locaux qui lui demandent des selfies et des autographes dans la rue ! « Faut croire que la pub pour le match a bien été faite, car il y a plein de passants qui m’ont arrêté pour me prendre en photo. Les mecs me demandent: « Player ? Football ? » Bah, tu finis par dire oui, ça leur fait plaisir » explique-t-il.

Au final, mais cela peut sembler secondaire au regard de cette formidable expérience, l’En Avant Guingamp n’a rien pu faire face à l’armada parisienne et s’est incliné deux buts à zéro. Bien sûr, le résultat sportif en lui-même peut sembler secondaire dans cette histoire, mais il ne faut toutefois pas oublier que c’est la passion pour ce sport qui permet un tel dépassement, une telle volonté d’aller au bout de choses. Et c’est très certainement cela le plus beau.