Le football est l’un des rares sports universels, qui touche le plus grand nombre d’individus dans une multitude d’endroits différents sur cette planète. Et ce souci d’universalité ne concerne pas uniquement la pratique en elle-même qui, grâce aux récentes avancées de l’handisport permet aux sportifs handicapés de pratiquer leur passion (handifoot, cécifoot), mais également les fans qui souhaitent aller coûte que coûte au stade pour supporter leur équipe favorite.

Et c’est bien là le problème. Si la volonté des supporters est inaltérable, les stades, souvent construits alors que les normes d’accessibilité étaient différentes, ne sont pas du tout prévus pour par exemple faciliter le cheminement des fauteuils roulant à travers leurs travées…

C’est pour défendre les droits des handicapés et des personnes à mobilité réduite qu’a été créée courant 2015 la Fédération Française des Supporters de Football Handicapés. Son objectif est clair, permettre à toutes les personnes dans ce cas un meilleur accès au stade et par la même, à leur passion. En plus de cela, elle promet une employabilité dans le monde du football aux personnes handicapées.

Sa création a été entérinée lors d’une conférence internationale du Centre for access to football in Europe (CAFE) très justement nommée Total football, total access. A l’heure actuelle, elle regroupe huit clubs de L1 dont certaines équipes majeures : Lyon, Saint-Etienne et Marseille. A terme, une reconnaissance officielle de la part de la FFF (Fédération Française de Football) est un objectif majeur.

JPG Optimized-Federation_Supporter_Handicape2

Sensibiliser et veiller au respect des normes
Ses moyens d’actions sont multiples mais de manière générale, cette fédération souhaite sensibiliser la population quant aux problèmes liés aux handicaps dans le monde du football. Bien sûr, de nombreuses idées pour améliorer l’accès seront soumises aux autorités compétentes.

Ces dernières sont tirées d’expériences personnelles de certains supporters. Ainsi, la fédération demande par un développement des casques permettant une audiodescription en temps réel du match (à l’image de ceux existant en Pologne et bientôt en Angleterre).

C’est René Poulet, président de l’Handifan Club de l’OM qui sera jusqu’à nouvel ordre à la tête de cette fédération d’un genre nouveau. Selon lui, le chemin est encore long pour que les conditions d’accès au stade pour les handicapés soient optimales. « Nous sommes très mal lotis. Et ce n’est pas l’Olympique de Marseille, c’est le propriétaire du stade qui n’a pas fait ce qu’il fallait faire. J’avais demandé à ce que ces gens-là me contactent de temps en temps pour voir ce qu’ils faisaient comme places. »

Et ils sont nombreux dans cette association à vouloir profiter du spectacle de leur club de cœur : « Aujourd’hui, nous sommes environ 400 personnes abonnées en tant qu’adhérents et accompagnateurs. »

Un combat permanent et nécéssaire
Actuellement, il existe déjà un Club des Supporters Handisport qui œuvre pour le bon respect des normes nationales et européennes d’accès aux stades pour les personnes à mobilité réduite, mais c’est la première fois qu’une fédération spécifique au monde du football se crée.

JPG Optimized-Federation_Support_Handicape3

Les actions de cette fédération sont ô combien importantes. Elles permettent dans un premier temps de mettre en lumière un problème trop longtemps ignoré dans la société actuelle, l’insertion des personnes à mobilité réduite. Cela montre également que le football est plus fort que la fatalité, que ce sport est une échappatoire du quotidien, qui permet, au moins le temps d’un match, de s’échapper, de profiter de la fête.

Dans de nombreux stades européens, les personnes handicapées sont traitées comme des supporters à part entière. On peut penser à l’Arena d’Amsterdam, où on peut apercevoir de nombreux fauteuils roulants placés au premier rang, devant les groupes d’ultras. Une belle image du football ou finalement, chacun est accepté malgré ses différences et ses particularités.